ENTRETIEN SYLVAINE JAOUI

Paris, 1965. Les garçons débarquent au lycée pour filles Maurice-Ravel. Pour Lélia, Christine et Marie, rien ne sera plus comme avant…

Sylvaine Jaoui, l’autrice de la série phare Ma vie selon moi, revient avec une nouvelle série haute en couleur : Les trois filles de la rue des Mairaîchers.

L’histoire :

Lélia, Marie et Christine sont voisines et inséparables. Cette année, elles entrent en 2nde et tout va être chamboulé. Nous sommes en 1965, et leur lycée, jusqu’à présent réservé aux filles, va être ouvert aux garçons. Voilà qui va mettre leur amitié à l’épreuve et exiger d’elles encore plus de solidarité. Car, parmi les adultes, tout le monde ne voit pas l’arrivée des garçons d’un très bon œil.

 

À l’occasion de la parution en librairie le 12 octobre, Sylvaine Jaoui a répondu à nos questions.

 

  • Pourquoi avez-vous choisi cette période ?

Je crois plutôt que c’est l’époque qui m’a choisie !

A partir d’une question qui m’a été posée lors d’une conférence : « Avez-vous déjà écrit sur votre enfance dans la librairie familiale ? », une histoire tout entière m’est tombée dessus : Trois copines de milieux différents (dont une est la fille du libraire) habitent Rue des Maraîchers et vont découvrir les années lycée dans un monde qui change.

J’ai d’abord pensé situer mon histoire dans les années 70, qui étaient mes années d’adolescence, mais rapidement en lisant des ouvrages, j’ai réalisé que de nombreux thèmes des années 60 entraient en résonance avec notre époque : les droits des femmes, la remise en question des règles, la société de consommation, l’ancien monde contre le nouveau, l’envie d’un retour à la nature…

 

  • Qu’apporte cette période à des lecteurs d’aujourd’hui ?

Pour moi, l’écriture est un miroir tendu à mes lecteurs. C’est une façon, encore et toujours, d’étudier les relations humaines. L’avantage des années 60 pour des lecteurs d’aujourd’hui, c’est de pouvoir s’identifier à des personnages vivant à une époque proche et semblable sans être complètement en territoire connu. J’espère que ce petit décalage temporel « exotique » poussera mes lecteurs à une pensée réflexive sur la vie.

 

  • Pourquoi avez-vous situé l’action Rue des Maraîchers ?

Tout d’abord parce que lorsque j’étais enfant, je vivais au-dessus de la Caravelle, la librairie familiale qui était située 2 rue des Maraîchers dans le 20e arrondissement.

Mais aussi parce que le 20e arrondissement, à cette époque, était un arrondissement de grande mixité sociale. Cela permettait de voir habiter dans une même rue des gens de milieux différents dont les enfants allaient en classe ensemble.

 

 

  • Comment vous êtes-vous documentée ?

J’ai lu de nombreux livres d’histoire, vu des tas d’émissions de la première chaîne de l’Ortf, écouté des heures de variété, épluché des magazines, regardé des catalogues de mobilier…. Puis je suis partie à la « chasse aux gens » qui avaient eu 15 ans en 65. J’ai vécu de grands moments d’émotion. C’est fou comme on n’a pas tous les mêmes 15 ans !

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