Olivier Gay – L’interview !

Afin de tout savoir sur Le noir est ma couleur, l’auteur Olivier Gay répond à nos questions !


GAY
Rageot :
Le Noir est ma Couleur, c’est un titre intrigant. Pouvez-vous nous présenter l’intrigue en quelques mots ?

 

Olivier Gay : Je suis parti de l’idée de base des comédies romantiques : un délinquant très populaire et une fille, première de la classe, qui ne l’est pas du tout. Dans la plupart des comédies romantiques, la fille se révèle moins coincée qu’il n’y paraît, ils finissent par tomber amoureux et tout est formidable. Dans Le Noir est ma Couleur, j’ai pris le contrepied de ce schéma. Effectivement, le garçon va essayer de s’intéresser à la fille, mais la fille est beaucoup plus dangereuse qu’on ne le croit, puisqu’elle possède des pouvoirs magiques. Et le pauvre Alexandre qui croyait maîtriser le jeu va se retrouver embarqué dans une histoire qui le dépasse totalement. Au final, j’ai essayé de faire un roman dans lequel on donne aussi le pouvoir aux filles !

 

Rageot : C’est une série ?

 

Blank white book w/pathOlivier Gay : Oui. Dans ma première idée, ce serait une série de 7 tomes. Sans vouloir spoiler le premier tome, la situation va très vite se compliquer pour Manon. Alexandre va devenir la seule personne sur qui elle pourra compter. Mais les Mages ne voient pas d’un bon œil les relations des leurs avec les humains normaux. Manon va devoir cacher Alexandre à sa famille et ils vont tous les deux se fourrer dans les ennuis jusqu’au cou.

 

Rageot : Vous mettez donc en scène deux personnages, Manon et Alexandre, et vous construisez votre intrigue avec une alternance de points de vue. Chaque chapitre est focalisé soit sur Manon, soit sur Alexandre. Comment avez-vous travaillé avec cette contrainte ? Était-ce difficile de se mettre dans la peau de deux personnages en même temps ?

 

Olivier Gay : C’était vraiment un challenge. Je voulais deux styles très différents, un qui se rapproche du langage parlé, simple et sobre, pour Alexandre, et un style plus littéraire pour Manon, première de la classe qui lit beaucoup. Finalement, en relisant la première version, je me suis aperçu que leur ironie, leurs pensées internes, leur humour étaient très proches… puisque c’étaient les miens ! J’ai beaucoup retravaillé mon texte pour accentuer leur complémentarité masculin / féminin et différencier les deux caractères.

 

Rageot : Comment fait-on pour se mettre dans la peau d’une jeune fille de 15 ans quand on est un homme de 35 ans ?

 

Olivier Gay : Dans mes romans de fantasy Le Boucher et La Servante, je m’étais déjà mis dans la peau d’une post-adolescente de 18 ans. Honnêtement, je n’ai pas l’impression qu’il y ait tant de différence que ça entre le point de vue d’un garçon et celui d’une fille. Nous ne sommes pas deux espèces différentes ! Les lectrices me diront si elles s’y retrouvent.

 

Rageot : On a l’habitude de lire des récits dans lesquels la magie est issue des quatre éléments, ou de la nature. Ici, elle prend sa source dans le spectre lumineux des couleurs. Comment vous est venue cette idée ?

 

Olivier Gay : C’est une idée que j’ai depuis très longtemps et qui m’est venue à l’origine pour un livre de fantasy. Elle part de la notion d’image rémanente : quand on regarde le soleil ou une lampe, puis qu’on ferme les yeux, l’image reste imprimée sur notre rétine. Et si une forme de magie était liée à tout cela ? Dans le Spectre des Couleurs, l’Orange va être lié au feu, le Jaune à la terre, le Bleu à l’air et l’Indigo à la mer, qui sont des magies élémentales. Mais s’ajoutent également la magie de la nature (le Vert), celle du corps (le Rouge) et celle de l’esprit (le Violet).

 

Rageot : Et la magie Noire…

 

Olivier Gay : Et la magie Noire, bien entendu ! Surtout la magie Noire…

 

Rageot : Alexandre, votre héros, est un boxeur bagarreur et joueur de poker invétéré. Et vous ? Dans quel personnage vous retrouvez-vous le plus : Manon ou Alexandre ?

 

Olivier Gay : Boxeur bagarreur, pas vraiment. Joueur de poker, sans doute un peu plus… À l’adolescence, j’étais plutôt comme Manon, l’élève du premier rang qui levait la main. J’ai toujours aimé lire et j’aurais adoré avoir des pouvoirs magiques… En grandissant, je me suis détendu et je me suis rapproché du caractère d’Alexandre. La grande qualité de ce personnage, selon moi, c’est qu’il ne se prend pas la tête. Lorsqu’on est adolescent, on a souvent très peur du regard des autres, de leur jugement. S’affranchir de cette peur-là permet de vivre une vie beaucoup plus simple.

 

Rageot : Avant de vous lancer dans Le Noir est ma Couleur, vous avez écrit des romans policiers et un diptyque de fantasy pour les adultes. Passer de la littérature « adulte » à la littérature « jeunesse » a-t-il été facile ? Avez-vous dû adapter votre écriture ?

 

Olivier Gay : J’ai été très surpris, dans les salons, de rencontrer des ados de 13 ou 14 ans qui avaient lu mes polars « adulte » et qui avaient adoré. Ils m’ont fait réaliser que la frontière entre la « jeunesse » et l’ « adulte » était vraiment ténue. L’envie d’écrire pour les jeunes me démangeait depuis un moment, car c’est un public que j’adore : très demandeur, très motivé, très sincère. Ils n’ont pas encore tout lu, tout vu, tout découvert ; ils gardent un enthousiasme formidable. Quant à la question du style : je n’ai pas dû adapter tant que ça. Les thèmes abordés sont peut-être légèrement plus « soft », mais l’écriture n’est pas différente. Il peut y avoir de la violence, des dialogues crus… Les lecteurs me diront ce qu’ils en auront pensé !

 

Rageot : Un mot de la fin ?

 

Olivier : C’est bête, je pense que tout le monde dit la même chose, mais j’ai vraiment pris du plaisir à écrire cette histoire. J’ai la banane chaque fois que j’ouvre le fichier sur mon ordinateur. J’espère que cela se ressent à la lecture !